EPISODE 30

l’alcazar de Séville (2)

Après les vestiges romains et califaux nous allons examiner aujourd’hui les restes de l’époque almohade de l’alcazar.

Il y a d’abord l’enceinte de l’alcazar qui date de cette époque mais aussi le patio del yeso et un reste de muraille dans la cour de la vènerie.

Les caractéristiques architecturales de l’enceinte sont, dans certaines parties, différentes de la construction du rempart almohade de la ville (voir épisode 13). En effet sur la place donnant vers la Giralda et la cathédrale on a utilisé la pierre de taille et non le pisé employé dans la construction de l’enceinte urbaine. Peut-être ces blocs en pierre de taille proviennent-ils de vestiges romains. Par contre en d’autres endroits le recours au pisé a été systématique.



Enceinte de l’alcazar côté cathédrale. Elle est scandée de tours carrées dont on a dit la faible efficacité pour la défense des villes (livraison 13). On a utilisé ici la pierre de taille et non le pisé contrairement aux habitudes de construction des almohades.

Après avoir passé la porte du lion on entre dans la Cour de la Vènerie. Dans celle-ci subsiste un fragment de muraille almohade construit en pisé. L’ouverture centrale a été percée au XVe siècle. A l’origine il s’agissait d’un mur dans lequel s’ouvraient deux portes latérales à arcs outrepassés, arcs qui ont été rabotés au XVe siècle pour leur donner la forme en plein cintre actuelle. Les parties en brique sont le fruit de restaurations.



Le patio del yeso (cour des stucs) montre un visage différent de l’enceinte. Quoique assez détérioré par le temps il y subsiste toutefois quelques éléments d’origine, découverts dans les années 1880 par le journaliste et critique d’Art Tubino. Outre les éléments conservés datant de l’époque califale dont on a parlé dans l’épisode précédent, il subsiste un bel exemple de l’art almohade dans lequel le souci de préciosité est sans rapport avec l’aspect militaire de l’enceinte de l’alcazar et des remparts de la ville. Il s’agit d’une galerie conservée sur le flanc sud de la cour. On y retrouve le motif des sebka dont nous avons parlé à propos de la Giralda (épisode 7), de la Koutoubia de Marrakech et de la tour Hassan à Rabat (épisode 9).

Mais ici, au lieu d’être découpés sur un fond du mur aveugle, ils ont été évidés, formant une véritable dentelle de pierre. Ils fermaient une galerie sur laquelle donnait une salle dont on distingue la porte double, de style califal, à arcs outrepassés en plein cintre.

Les triples arcades de la galerie s’ordonnent de part et d’autre d’un grand arc polylobé brisé inscrit dans un alfiz (voir épisode 7). Les deux triples arcatures de part et d’autre reposent sur de minces colonnettes d’où partent des arcs polylobés brisés et les sebka. Il existait une galerie face à celle-ci mais elle avait disparu lors de la redécouverte des lieux par Tubigo.




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