Episode 25

Le dernier élément architectural du Musée des Beaux-Arts dont nous parlerons aujourd’hui est une œuvre grandiose. Il s’agit du majestueux escalier qui se situe au point de jonction des trois cloîtres et qui relie les deux étages de l’édifice. Œuvre de Juan de Oviedo, celui-ci le construisit en 1612.


Installé dans une large cage ouverte par des arcs en plein cintre sur les cloîtres voisins, il est constitué au rez-de-chaussée de deux volées droites opposées se réunissant sur un palier d’où s’élance une volée droite se divisant au deuxième étage en deux nouvelles volées à angle droit. Ces dispositions valurent à cet escalier le qualificatif d’impérial qu’on lui donne encore aujourd’hui.


Au-dessus de ces rampes règne une coupole octogonale sur trompes entre lesquelles ont été creusées des niches installées sous un encadrement s’élargissant dans le haut et placé sous un fronton brisé. Au centre de la coupole un médaillon en forme de cuir découpé entoure un losange d’où s’échappent des flammes. Ce décor ainsi que toutes les sculptures de putti, de coquilles et de frontons sont exécutés en stuc.

La coupole était à l’origine décorée de peintures murales dédiées à un grand programme en l’honneur de la Vierge aujourd’hui entièrement disparu.

L’escalier du Musée des Beaux-Arts est un exemple de l’évolution de l’escalier depuis les escaliers à vis du Moyen-Âge pris dans l’épaisseur des murs puis installés jusqu’aux débuts de la Renaissance dans des tours extérieures (voir le château de Blois) est progressivement remplacé par des escaliers intérieurs. Que l’on songe à l’escalier à double révolution de Chambord.

L’escalier de Séville est un exemple parmi d’autres de ces occasions d’étaler un décor abondant afin d’affirmer par l’ampleur et la somptuosité l’importance, la puissance et le pouvoir du propriétaire. Ici, pour montrer la puissance de l’ordre de la Merci.


Ce genre d’escaliers connut une vogue ininterrompue. On peut en citer deux exemples plus tardifs mais célèbres. L’un, qui date du XVIIIe siècle, traité dans le style rococo, se situe dans la Résidence de Würzbourg et un autre, plus connu en France et qui date du XIXe siècle, est le grand escalier de l’Opéra de Paris exécuté au XIXe siècle sous Napoléon III.

Ce goût pour les escaliers majestueux fut progressivement abandonné au XXe siècle surtout après l’invention de l’ascenseur qui en rendit l’utilité moins évidente.





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