EPISODE 22

Le musée des Beaux-Arts de Séville. Son architecture

Séville compte un très important Musée des Beaux-Arts. Il est installé depuis 1835 dans l’ancien monastère de Mercédaires, ordre religieux fondé en 1218 pour racheter aux musulmans les chrétiens captifs.

La premier édifice mudéjar a été détruit au xviie siècle et remplacé par la construction actuelle, élevée entre 1603 et les années 1660. Au cours des xixe et xxe siècles le bâtiment a connu des restaurations diverses et surtout les aménagements nécessaires à la transformation d’un monument ancien en musée moderne.

Une belle porte baroque datée de 1729 donne accès au bâtiment. Elle provient de la porte de l’église du monastère que l’on a décidé en 1945 de transporter au centre de la façade. Le porche en plein cintre est cantonné de colonnes jumelles richement décorées de motifs feuillagés. Elles sont posées sur des piédestaux. Au-dessus, sous un fronton brisé flanqué de deux colonnes torsadées, une niche abrite trois statues : le fondateur de l’ordre de la Merci, saint Pierre Nolasque, et le roi d’Aragon, Jacques Ier son protecteur, sont agenouillés de part et d’autre de la Vierge de la Merci



Comme toute bâtisse monastique les différents éléments du couvent s’ordonnaient autour de plusieurs cloîtres dont les galeries facilitent la circulation des visiteurs.

Les anciens bâtiments monastiques ont été mis à profit pour abriter et présenter les collections du Musée. Autour des anciens cloîtres on peut voir l’ancienne ante sacristie (n°5), l’ancien réfectoire (n° 9), l’ancien cellier (n° 10), l’ancienne salle de profundis dans laquelle on veillait les moines défunts avant leur mise en terre (n° 11), l’ancienne église en forme de croix latine (n° 14) et le monumental escalier (n° 15) qui menait à l’étage où se trouvaient les galeries hautes entourant chacun des cloîtres ainsi que le dortoir et le logement de l’abbé. Les salles n° 1 à 4 sont le fruit de remaniements récents destinés à l’administration du Musée. Quant au patio de las conchas (n°6) il est le fruit d’un réaménagement après destruction de la sacristie qui se trouvait là



Le couvent compte quatre cours : un patio et trois cloîtres. Le patio del aljibe (patio de la citerne), quoique le plus petit de tous est sans doute aussi le plus charmant.

De plan trapézoïdal il compte trois étages. La galerie inférieure est constituée d’arcs en plein cintre moulurées reposant sur d’élégantes colonnes sommées de sobres chapiteaux de type toscan. Au-dessus, deux étages clos abritaient à l’origine les salles nécessaires à la vie monastique. Au centre du cloître une margelle marque l’ouverture de la citerne dans laquelle on recueillait l’eau de pluie nécessaire à la vie du couvent.



Les murs des galeries inférieurs de ce cloître sont décorés d’azulejos, récupérés dans des couvents détruits au xixe siècle. Une des plus importantes composition, exécutée en 1577 par Cristóbal de Augusta, représente la Vierge du Rosaire abritant sous son manteau déployé par des anges trois saintes et trois saints moines. Quatre couleurs ont été utilisée le jaune pour le fond, l’orange pour le manteau de la Vierge, le marron, le bleu et le blanc pour les vêtements des saintes et saints et le vert pour l’intérieur du manteau de la Vierge.



A côté de cette composition grandiose on trouve sur les murs des motifs pittoresques.

Ainsi sur le soubassement de la galerie voit-on des motifs octogonaux chargés de putti et de feuillages sur fond bleu et des ensembles de huit à dix carreaux associant des têtes de profil en médaille dans le goût de la Renaissance cantonnées d’animaux fantastiques et de feuillages d’une tradition plus ancienne.




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