Episode 20

Le Musée taurin de la maestranza 2

Outre les gravures de Goya, le musée de la Maestranza compte quelques peintures de toreros célèbres ou de scènes de corrida. Il ne saurait être question de les évoquer toutes. Aussi ai-je porté mon choix aujourd’hui sur une toile de José Jimenez Aranda qui évoque un drame de l’arène.


Ce tableau exposé au musée de la Maestranza est une réplique d’un tableau similaire réalisé 10 ans plus tôt par Aranda pour l’exposition nationale des Beaux-Arts de 1871.

On voit au cœur de l’arène s’enfuir au galop un cheval sellé qui a désarçonné son cavalier. Dans le fond apparaissent la cathédrale et la giralda ainsi que les arcades encore inachevées des gradas et les tendidos sur lesquels se presse dans des tons bleutés une foule anonyme, compacte et colorée. Cette vue générale des arènes est incluse dans le cadre architectural d’un premier plan formé par deux arcades des gradas numérotées 1 et 2 jouxtant la porte du prince.

La signification de la scène est donnée par l’attitude des personnages installés dans cet espace. Plusieurs hommes se sont brutalement levés de leurs chaises et tournent la tête vers la gauche. Les chaises tournées en tous sens ou renversées montrent un moment d’agitation et de surprise. Un événement imprévu vient visiblement de se produire.



C’est l’attitude des deux femmes éplorées qui demeurent assises ,le visage dans leurs mains en se détournant de l’arène, celle de la femme qui s’est levée pour tourner le dos à ce qui se déroule dans le ruedo, qui montrent que l’événement en question est un drame.

Les aficionados comprendront qu’un picador ou un combattant à cheval a été renversé par le taureau et que son sort est fatal.

Quant à l’homme monté sur une chaise, en pleine agitation, qui se penche vers l’avant, appuyé sur la pointe du pied gauche, la jambe droite projetée en l’air vers l’arrière et retenant son élan à s’accrochant à une des colonnes des gradas, il traduit par un geste spectaculaire du bras gauche impuissance et anxiété face au destin qui vient de frapper la victime.


On admirera les coloris jaunes, rouges, villets blancs qui montrent la grande richesse de la palette du peintre

Dans ce tableau, le mérite d’Aranda aura été de suggérer par l’attitude des spectateurs l’ampleur du drame qui vient de se jouer sans le montrer directement. C’est une façon pudique d’illustrer le côté impitoyable que peut prendre la corrida.

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