EPISODE 17

LA MAESTRANZA : HISTOIRE ET ASPECT EXTÉRIEUR

En ces temps de pandémies ou beaucoup de ferias sont annulées, dont celle traditionnellement organisée par Carcassonne aficion, il nous a paru bon de dire quelques mots sur les arènes de Séville connues sous le nom de Maestranza.


Par son histoire et par la place prise par Séville dans le monde taurin, les arènes édifiées dans cette ville représentent un des hauts lieux de la corrida en Espagne, et accueillent une des plus importantes ferias au monde, la fameuse Feria de Abril.

La tradition tauromachique est déjà bien ancrée dans l’Andalousie du XVIIIe sous la forme de la pratique équestre du combat contre des taureaux exercée par la noblesse. En 1730 le roi Philippe V protecteur de la corporation de la Real Maestranza de caballería octroie à celle-ci le privilège d'organiser des corridas de taureaux. L'institution décide alors de faire bâtir sa propre arène à Séville dans le quartier d’El Arenal. La première arène est rectangulaire et en bois.

Les arènes rectangulaires ne répondant pas aux exigences du toreo, il est décidé en 1733 de monter une structure ronde, toujours en bois, face au Guadalquivir. Dès 1761 on estime qu’une structure permanente en maçonnerie serait préférable. Les travaux commencent alors mais l’achèvement n’arrivera qu’en 1881, soit 120 ans plus tard.

Entre 1927 et 1951 seront ajoutés des bâtiments pour abriter la corporation de la Real Maestranza de Caballería, propriétaire des arènes, bâtiments qui flanquent le monument du côté de la rue Adriano et ne permettent pas de soupçonner que c’est à travers eux que l’on peut accéder à une partie des gradins. Une ruelle circulaire, elcirco, couverte de voûtes surbaissées les sépare des arènes proprement dites tandis qu’une autre partie des bâtiments a été affectée au Musée des arènes.



Les arènes adoptent la forme d’un polygone irrégulier à trente côtés. Face au Guadalquivir s’ouvre la Puerta del Príncipe, à triple ouverture. Deux tourelles s’élèvent de part et d’autre de cette porte placée sous un arc surbaissé et surmontée d’un balcon et d’une large baie sommée d’un fronton triangulaire. A la base de chaque tourelle est percée un porte secondaire à linteau droit et couronnée de volutes décoratives. La partie haute des tourelles est percée d’un grand oculus. Des pots à feu décorent leur toiture de tuile à quatre pentes. On appréciera le jeu des couleurs contrastées mariant l’ocre, le rouge sang-de-bœuf et le blanc qui annoncent la palette colorée de l’ensemble de la plaza.

Cette porte tire son nom de la présence, côté intérieur, du balcon du prince (el palco del príncipe) qui fut édifié dès 1765. Plus qu’un balcon c’est une véritable loge dont on appréciera la richesse architecturale et décorative un peu plus tard. La porte du Prince tire son nom du fait que la Real Maestranza de Caballería est présidée depuis le début du XIXe siècle par le roi lui-même qui porte le titre de Frère majeur de la confrérie. Fonction purement honorifique, puisque la gestion est confiée à l’adjoint du frère majeur qui exerce la réalité du pouvoir.

C’est par la porte du Prince qu’ont l’honneur de sortir de façon triomphale les toreros ayant accompli des faenas exceptionnelles.




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