EPISODE 16

Les portes et guichets des remparts de séville

Pour en terminer avec les remparts de Séville quelques mots sur les portes de la ville.

Toute enceinte de ville est percée de portes plus ou moins grandes et plus ou moins bien défendues. Séville ne fait pas exception à cette règle.

Malheureusement les portes de Séville qui n’ont pas été détruites au XIXe siècle ont été fort remaniées entre le XVIe et le XVIIIe siècle ce qui empêche de juger de leurs caractères architecturaux primitifs. Cependant quelques gravures et dessins antérieurs à leur transformation ou à leur destruction permettent encore de se faire une idée de leur aspect initial.

Jusqu'à dix-neuf portes et guichets existèrent. On n'en retrouve que quatre dans la Séville actuelle : la porte de la Macarena (appelée également arc de la Macarena), la porte de Cordoue, le guichet de l’Huile (postigo del Aceite) et le guichet de de la Tour de l’Eau.

La porte qui conserve une partie non négligeable de son aspect primitif est la porte de Cordoue. D'origine almoravide, reconstruite au XVIe siècle et très peu modifiée depuis, elle montre encore l'aspect fermé et militaire des portes d'origine. Elle se trouve à l'angle des rues Puerta de Córdoba et Madre Dolores Márquez, au nord de l'enceinte. Édifiée en pisé, d’un aspect massif elle s’ouvrait vers la ville par deux portes outrepassées sous alfiz. Au sommet court un crénelage à merlons sommés de pyramidons, à l’image de ceux qui couronnaient les parties hautes de la muraille. Cette partie, surélevée par quelques rangs de briques, a été restaurée.

A l’intérieur subsiste un arc outrepassé de brique et pierre qui sert de passage entre la porte et la chapelle qu’on y a adossée ultérieurement.


Les autres portes subsistantes ont perdu sous les rhabillages ultérieurs leur aspect almohade. Ainsi en est-il de la Porte de la Macarena, située à proximité de l’église abritant la célèbre statue de la Vierge.

Populairement appelée de nos jours arc de la macarena et appelée à l'époque almoravide porte de la campagne cette prote fut reconstruite en 1763 et en 1795. Elle est plus grande que la Porte de Cordoue. On a raboté la forme outrepassée de son arc, on l’a cantonnée de faux pilastres blancs, surmontée d’un fronton reposant sur une corniche blanche et abritant une image de la Vierge de la Macarena. De part et d’autre, deux piliers correspondent à des fragments de la muraille conservés. Le tout est surmonté de pinacles blancs et enduit d’une couleur ocre que l’on retrouve assez souvent à Séville.



Le Guichet de l’Huile (postigo del Aceite) tire son nom des entrepôts d'huile situés à côté de lui. Un arsenal se trouvant dans son voisinage au XIIe siècle il était alors connu comme la porte des Bateaux (puerta de los Barcos). D'origine almoravide, très modifié depuis, il se trouve dans le quartier de l’Arenal. Il fut rénové en 1572 par Benvenuto Tortello. Une petite chapelle fut ouverte au XVIIIe siècle sur son flanc droit. Ses deux arcs de forme outrepassée à l’origine ont été transformés en arcs surbaissés de façon à faciliter le passage. On remarque encore les créneaux qui le surmontaient et on peut encore juger de sa profondeur. Un bas-relief le décore au-dessus de l’arc extérieur.



Le Guichet de la Tour de l’Eau (postigo de la Torre del Agua), également connu sous les noms de Guichet de l'Alcazar, de guichet de la Ruelle de la Judería et de guichet du Verger de la Retraite (postigo de la Huerta del Retiro), d'origine almohade se trouve sur le flanc de l’Alcazar, à l’entrée de la rue de la Judería, au sud de l'enceinte.

Une gravure ancienne permet de se faire une idée de son aspect ancien et donne un aperçu de la forme qu’avaient adopté les portes de Séville. Apparemment construit en brique, il comportait un large arc outrepassé et légèrement brisé à son sommet qui était encadré d’un alfiz. La gravure montre qu’on l’avait modifié pour le réduire en largeur et donner au passage une forme rectangulaire sans rapport avec l’ampleur d’origine. Les photos récentes de ce même guichet sont révélatrices des modifications radicales subies par les portes de la ville au XVIIIe siècle


Quelques gravures ou photos permettent de constater que des modifications tout aussi radicales s’étaient exercées sur d’autres portes de la ville avant qu’elles ne soient détruites, comme la plus grande partie de la muraille à partir de 1868.



On le voit, les transformations subies par les portes almohades ont consisté non seulement à modifier la taille des passages mais aussi à mettre ces entrées au goût du jour en leur donnant une solennité que les originaux n’avaient pas. Elles perdirent à cette occasion leur caractère fortifié pour une allure propre à montrer la richesse et la grandeur d’une ville qui était devenue la capitale économique de l’Espagne et n’était plus menacée par des attaques ou des invasions.

Par cette livraison sur les portes de la ville se termine notre itinérance autour des remparts de Séville. D’autres monuments nous attendent et nous aurons à parler de constructioins plus proches de nos préoccupations tauromachiques dès la semaine prochaine.

A suivre

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