EPISODE 14

Les tours polygonales des remparts de Séville

Les murailles de Séville étaient ponctuées de tours de plan carré comme on l’a vu précédemment. Elles possédaient une base rectangulaire d'une largeur de 4,00 m et dépassaient la muraille d’une hauteur de 4,50 m. Il s'en dressait approximativement une tous les 40 m. Massives jusqu'au chemin de ronde qui les traversait, elles se terminaient par une terrasse protégée par un parapet crénelé, terrasse à laquelle on accédait par un escalier.

Cependant, dans des zones stratégiques furent placées de grandes tours, notamment le long du Guadalquivir. Elles sont toutes de forme polygonale. On trouve encore, à l'angle de la rue Santo Tomás et de l'avenue de la Constitución, la tour d’Abd el Aziz de section hexagonale, sur la rue Santander, la tour de l’Argent, de plan octogonal et vers la Macarena, la tour Blanche, de section octogonale irrégulière.







Par leur forme polygonale ces tours offraient l’avantage d’éviter les angles morts, à l’image des tours circulaires, et proposaient ainsi une défense plus efficace.

Certaines de ces tours, projetées à l’avant et à l’extérieur de l’enceinte, reliées à celle-ci par une muraille (la corracha) constituaient des éléments de défense avancés qui pouvaient prendre à revers un ennemi tentant de s’approcher de la base du rempart. Ces tours portent le nom de tours albarranas. Du fait de leur importance, elles étaient bâties avec plus de soin et souvent dans des formes différentes des autres tours de l’enceinte. Ainsi à l’extrémité de la corracha allant de l’alcazar au Guadalquivir se trouve la célèbre tour de l’Or, de section dodécagonale.



La tour de l’Or à laquelle nous consacrerons la prochaine livraison

En outre, les tours situées entre la porte de San Juan et la porte de la Almenilla (dite aussi porte de la Barquette), dont plus aucune ne subsiste, étaient arrondies vers l’extérieur. Elles correspondent à la partie, le long du Guadalquivir, refaite par les Almohades. Il semble que ceux-ci, avec une quarantaine d’années de retard, aient tenu compte dans l’édification de cette partie de la muraille des nouveautés apparues dans le Nord de l’Espagne, en France et en Angleterre dès la fin du xiie siècle, date à partir de laquelle la tour circulaire s’impose dans la construction militaire au détriment des formes carrées jusque-là usitées.




Au premier plan on distingue l’alcazar, fermé par des murs à la fois côté ville et côté campagne. Dans le mur ouvrant vers la campagne était percée la porte de Jerez. A la gauche de celle-ci on voit la corracha reliant l’alcazar à la tour de l’Or implantée au bord du Guadalquivir. En suivant le rempart vers la gauche on distingue la porte de l’Arenal et, un peu plus loin, la porte de Triana à triple arcade. A la droite de l’alcazar on voit la porte de Carmona, l’aqueduc qui amenait l’eau à la ville depuis Alacalá de Guadaíra puis la porte de la Carne.

On peut constater que les tours étaient de plan carré mais on voit que la tour de l’Or et la tour de l’Argent près de l’alcazar avaient été conçues sur un autre plan. On remarquera qu’à l’intérieur de l’enceinte — qui englobait une surface de 300 ha —une grande zone n’était pas bâtie et était occupée par des jardins, des pâturages et des vergers.

Enfin, proche de l’alcazar, se dressait la mosquée avec son minaret, la Giralda.


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