Episode 13

Nous avons repéré dans l’épisode précédent les parties subsistantes des remparts de Séville édifiés par les Almoravides et les Almohades. Nous allons parler aujourd’hui de la technique de construction et de la qualité défensive de ces murailles

Les remparts de Séville furent construits en utilisant la technique du pisé, procédé que les Almoravides avaient utilisée pour édifier les remparts de Marrakech.

La technique du pisé n’est donc pas propre aux constructions sévillanes. Elle ne l’est pas davantage des pratiques constructives Almoravides puisque les traces de ses plus anciennes utilisations remontent à la Phrygie du VIIe siècle avant notre ère.

Elle consiste à faire un coffrage en bois de la largeur souhaitée et à remplir celui-ci d’un mélange de graviers, de sable et de chaux, de tasser ces matériaux avec une sorte de masse en ajoutant de l’eau de temps en temps jusqu’à l’obtention de la dureté nécessaire. De cette façon on peut construire des murs aussi hauts et larges que voulus.

C’est ainsi que les Almohades purent surélever sans difficulté les remparts de pisé élevés par les Almoravides à Séville. A peine construites, ces murailles donnent l’impression de ruines sans rien perdre de leur solidité.



Aux angles des remparts on avait utilisé des pierres de taille et les ouvertures percées dans les tours étaient décorées de rangées de briques massives fixées au mortier de chaux. Une grande majorité des tours possédaient une base rectangulaire d'une largeur de 4 m et dépassaient l'extérieur de la muraille de 4,5 m. Il s'en dressait approximativement une tous les 40 m.

Massives jusqu'au chemin de ronde qui les traversaient, les tours se terminaient par une terrasse à laquelle on accédait par un escalier. La terrasse était protégée par un parapet crénelé.

La conception défensive de ces remparts est celle dite de la défense passive. En effet, sans archères, la protection était assurée, d’une part, par la masse inférieure de la muraille, emplie de terre, d’autre part, depuis le chemin de ronde, par une défense à la verticale des murs et des tours qui avait le défaut de permettre à l’assaillant d’approcher aisément la base du rempart. C’était, à la fin du xiie siècle, un procédé largement dépassé en particulier par les fortifications érigées aux mêmes dates par les ingénieurs royaux de Philippe-Auguste dans le domaine royal et par Richard Cœur de Lion en Normandie et en Angleterre ainsi que par Saint-Louis dans la partie des remparts de Carcassonne édifiée sous son règne.




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