EPISODE 12

Les remparts de Séville

Les remparts de Séville ont été rendus célèbres par le fameux air d’opéra de Bizet chanté par Carmen : « Près des remparts de Séville chez mon ami Lillas Pastia j’irai danser la séguedille, etc. »

Las ! Les remparts de Séville n’existent pratiquement plus et, déjà, en 1875, lorsque Bizet composa Carmen, les remparts de Séville avaient été abattus depuis sept ans pour faciliter les entrées et sorties dans la ville et pour « aérer » celle-ci.

L’histoire des fortifications sévillanes est assez semblable à celle de la plupart des remparts d’Europe occidentale : construction, destruction, reconstruction, agrandissement, surélévation, destruction définitive.

Les parties des remparts de Séville qui subsistent sont dues aux Almoravides et aux Almohades. Les Almoravides, entre 1125 et 1134, amplifièrent les limites de la ville en la protégeant par une enceinte bien plus grande que celle existant jusque-là. Les Almohades, après 1200, reconstruisirent le front ouest le long du Guadalquivir, détruit par une crue, et portèrent l’enceinte des Almoravides à la même hauteur que la partie reconstruite par leurs soins le long du fleuve. Les parties de remparts subsistantes sont donc l’œuvre conjointe des Almoravides et des Almohades.

Il n’en reste que quelques fragments disséminés dans la ville. Le mieux conservé et le plus long est celui qui court de l’arc de la Macarena — survivance d’une ancienne porte almohade de la ville — à la porte de Cordoue. La muraille est scandée de sept tours rectangulaires et d’une tour polygonale, la tour blanche.

Un deuxième tronçon se trouve dans le parc del Valle. Il a été sauvé de la destruction au XIXe siècle parce qu’il était à l’intérieur d’une institution religieuse. On y rencontre encore cinq tours carrées.

Enfin quelques parties des remparts subsistent autour de l’alcazar dont ils constituent une partie des défenses. C’est là que se voient trois des quatre tours polygonales conservées.

Plan de Séville montrant le tracé de l’ancienne enceinte romaine (en bleu), le tracé des remparts almoravides et almohades disparus (en orange) et les parties conservées (en rouge). Les vestiges demeurent modestes. A la période almohade les remparts mesuraient 7,3 km, comptaient 166 tours, 13 portes et 6 guichets. Ils entouraient une surface de 300 ha et étaient protégés par un fossé.

Les fragments de rempart subsistants ont été signalée par des flèches rouges : au nord subsiste le fragment le plus important qui ait été conservé entre l’arc de la macarena et la porte de Cordoue, un autre au nord-est, dans le jardin del Valle, est moins important. Enfin, au sud quelques vestiges subsistent aux abords de l’alcazar. On peut trouver également des traces à l’intérieur de certaines maisons de Séville construites en s’appuyant sur les murs d’enceinte.







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